• Jour 20 et Jour 21 :
     
    Liam est resté avec moi les deux dernières nuits. Il dort sur le canapé à côté de moi maintenant. Ça fait tellement de bien d'avoir quelqu'un dans l'appartement avec moi. Quand il n'y a que moi, tout est si grand et vide. Je pense que je devrais avoir plus souvent un des garçons pour passer la nuit avec moi. Tu es d'accord de ton côté ? Je ne veux juste plus me sentir seul.
     
    Zayn m'a finalement appelé aujourd'hui. Il s'est excusé pour tout. J'étais heureux d'avoir enfin sa voix en direct, et bien sûr, je me suis excusé de lui  avoir caché la note. Il m'a dit qu'il a parfaitement comprit mon raisonnement face à ça et je pense qu'on peut enfin retrouver une sorte de paix entre nous.
    Oh et j'ai rompu avec Eleanor il y a un moment déjà. J'ai pensé que tu aimerais le savoir au cas où. Je l'ai fait le jour où je t'ai trouvé en fait. Je n'ai juste pas eu le courage de te l'écrire jusqu'à maintenant.
    Tu aurais dû tenir un jour de plus. Et alors tu serais encore ici avec moi. Nous pouvions enfin être heureux.
     
    Jour 23 :
     
    La thérapie est une torture absolue. Je ne vais pas mieux du tout. Sarah continue à me dire d'y renoncer et d'arrêter d'écrire ces journées une par une parce que ça ne m'aide pas. Mais je ne peux pas arrêter. Si je m'arrête, je vais avoir l'impression de te trahir. Je ne peux pas te laisser tomber encore une fois.
     
    Jour 24 :
     
    Sarah m'a posé des questions sur la note d'aujourd'hui. Quand elle m'a questionné, je ne pouvais tout simplement pas retenir mes larmes et à contrecœur je lui ai tendu le papier froissé. Est-ce étrange que je le porte sur moi ? C'est comme si un feu me brûlait dans ma poche, me rappelant la douleur partout où je vais, mais je ne peux pas l'enlever. C'est l'une des dernières choses qu'il me reste de toi.
     
    Jour 25 :
     
    Ça fait un moment que je n'ai pas chanté. Mais j'ai chanté aujourd'hui. Nous avons tous chanté. C'était notre premier jour de retour au studio, et laisse-moi te dire que ça sonne très différent sans ta voix mélangée avec les nôtres. Nous avons dû changer toutes les chansons. Niall et moi avons obtenu la plupart de tes solos, mais je sens que c'est comme si je n'avais pas le droit de prendre tes parties. Je ne serai jamais capable de les chanter aussi bien que toi. Ta voix était unique sur un million.
     
    Chaque fois que tu chantais, le monde entier devenait un peu plus flou à mes yeux, et tout ce que je pouvais voir, c'était toi. J'ai demandé un CD de toutes nos anciennes chansons, mais je sais qu'ils ne me le donneront pas. Liam m'a entendu le leur demander et je sais qu'il leur a dit de ne pas me le passer.
     
    Mais j'ai encore You Tube à ma disposition. Béni sois internet. J'ai écouté ta voix toute la nuit, des performances de X Factor à notre album. Je ne serais jamais fatigué d'entendre ta voix et il semble que c'est la seule façon de pouvoir l'entendre maintenant.
     
    Jour 26 :
     
    J'ai visité Cheshire aujourd'hui. J'ai marché dans les rues pendant un long moment, m'imprégnant juste des places où tu marchais autrefois, en imaginant que tu y es avec moi, me tenant la main.
     
    Après avoir erré de la ville, j'ai accepté à contrecœur de faire un tour chez toi. Quand je suis arrivé devant la porte, Anne m'a accueilli à bras ouverts, avec Gemma. Nous avons parlé autour d'un thé, et je lui ai demandé comment elle faisait. Ils essayent de tenir du mieux qu'ils peuvent Harry, mais c'est très difficile pour nous tous. Ne t'en sens pas coupable, cela leur passera. C'est juste moi, je n'en suis pas si sûr. Je suis celui qui doit se sentir coupable et quand je lui ai dis cela, elle a refusé de m'écouter parler comme ça et elle m'a dit que si je devais me blâmer, je devais partir. J'ai donc marché droit vers la porte.
     
    Je ne pense pas qu'elle se soit attendue à ce que je m'en aille, car je l'ai entendue m'appeler sur le pas de la porte, mais je l'ai ignoré et j'ai couru jusqu'à ma voiture.
     
    Je pleurais tellement fort que j'ai dû m'arrêter sur le côté de l'autoroute, recevant les remarques et les regards froids que les gens me lançaient en passant près de moi. Mais je ne m'en préoccupais pas. Tout ce que je pouvais voir, c'était toi. Je pouvais entendre ta voix me parler, et cela a suffi pour me calmer et pour que je puisse conduire à nouveau le reste du chemin jusqu'à la maison.
     
    Jour 27 :
     
    Aujourd'hui, j'ai passé toute la journée au lit. J'ai ignoré tous les appels et tous les SMS. Niall, Zayn, et Liam sont tous venus un par un derrière ma porte, frappant en me disant d'ouvrir et de venir leur parler. J'ai commencé à me sentir coupable une fois de plus, passant encore au travers de tant de douleur. Je souhaite juste que  cette douleur s'arrête.
     
    Jour 28 :
     
    Quand je suis sorti de ma chambre ce matin, j'ai trouvé Niall endormi devant ma porte. Il avait l'air si fatigué et désespéré que j'ai commencé à pleurer. Voilà ce que je lui avais fait. J'avais pourri la vie de chacun d'entre eux. Tout ça parce que j'étais égoïste.
     
    Mes pleurs l'ont ensuite réveillé, et il m'a pris dans ses bras. Niall donne de supers câlins comme tu le sais et donc je me suis serré contre lui pendant un moment, pas une fois il ne s'est plaint de quoi que ce soit ou n'a voulu se détacher de moi. Il pleurait avec moi et à ce moment-là je me suis senti plus proche de Niall que je ne l'ai jamais été. Je regrette de ne pas avoir fait plus attention à lui avant.
     
    Jour 29 :
     
    Demain, cela fera un mois entier. Un mois entier depuis que tu es parti et je trouve ça tellement dur de me dire qu'on y est déjà. J'ai l'impression que c'est comme si c'était hier que tu étais plein de vie et rigolant si fort que tu faisais cette chose en applaudissant d'un air ridicule avec tes mains.
    C'est réel, n'est-ce pas?
     
    Jour 30 :
     
    Aujourd'hui les garçons et moi avons passé une journée de silence en ton hommage, refusant de répondre aux appels ou aux messages, ou même simplement de se parler les uns aux autres. C'était simplement le silence. Ce n'était pas un sentiment qui me mettait mal à l'aise, au contraire, cela me faisait me sentir bien.
     
    Nous nous sommes allongés et nous avons regardé tes films préférés pendant la journée. Nous étions tous assis serrés les uns contre les autres et nous avons pleuré autant que possible. Les reniflements faisaient écho dans toute la pièce et les mouchoirs froissés formaient un tas qui nous entourait. Nous étions un triste spectacle à voir. Mais il va sans dire que c'était la chose la plus proche que je venais de vivre avec eux depuis bien longtemps.
     
    Jour 31 :
     
    Je suppose que, jusqu'à présent, j'ai eu cette pensée dans mon esprit que tu allais revenir et que tout cela était un terrible et énorme cauchemar. Je pourrai me réveiller à tout moment et tu serais couché à côté de moi, souriant comme tu l'avais fait tous les matins. Mais je commence à réaliser que tu ne vas pas revenir.
     
    Aujourd'hui, je ne savais même pas quoi faire de moi-même. Je pense que les garçons savaient que je voulais être seul, donc je n'ai pas été dérangé avec des messages ou des appels téléphoniques et personne ne s'est arrêté pour voir si j'allais bien. J'ai apprécié, mais c'est probablement parce qu'ils étaient dans le deuil aussi. J'ai passé toute la journée assis dans ton fauteuil préféré, les yeux dans le vide face à la télévision en ingérant la douleur. Trois ou peut-être quatre bières max et je me suis allongé sur le sol en pleurant encore à n'en plus finir. La douleur de la réalité m'a dans un sens... frappé.
     
    Jour 32 :
     
    J'ai ressenti un coup aujourd'hui. Ça faisait du bien, puis j'ai regardé plein de crainte le sang suinter de ma main, les éclats de verre du miroir brisé s'étalaient autour de mes orteils au sol. Je ne sais pas ce qui s'était passé en moi, mais je ne pouvais tout simplement pas supporter de regarder mon reflet plus longtemps. Donc je l'ai frappé, c'était plus dur que tout ce que je n'ai jamais frappé dans ma vie.
     
    Les douleurs des coupures n'étaient que temporaires et très vite j'ai ressenti comme une vague d'ecstasy m'envahir. J'ai aimé le sentiment de contrôler ma propre douleur, au lieu de la supporter plantée en moi de force.
     
    J'étais en train de tamponner les coupures et de tout nettoyer quand Liam est entré, disant qu'il avait entendu un fracas quand tout à coup, il s'est arrêté sur ma main. Il regarda ma main, puis le miroir brisé, puis mon visage. Je pense que le fait que je souriais sonnait un peu bizarre, mais il m'a tout de suite traîné hors de la salle de bain, me forçant dans sa voiture et me conduisant à l'hôpital.
     
    Jour 33 :
     
    Il y a un bandage autour de ma main maintenant et je n'aime pas ça. Je veux être en mesure de voir les cicatrices, de glisser mes doigts le long des plis que j'ai fais. Pour moi, ils sont magnifiques, un merveilleux symbole de mon combat pour m'éloigner du passé. Mais les garçons ne comprennent pas. Ils m'ont regardé non-stop, ne me permettant pas de faire quoi que ce soit ou aller n'importe où moi-même. Tout ceci commençait à m'étouffer.
     
    Jour 34 :
     
    J'ai tellement faim, mais je ne peux pas supporter l'idée de la nourriture. Ils essaient de me faire manger, mais ça ne veut tout simplement pas rester dans mon estomac. J'ai perdu du poids. Beaucoup. Tout le monde l'a remarqué et ça devient difficile de le cacher.
     
    Je me suis aussi évanoui aujourd'hui dans le studio et maintenant, les gens deviennent un peu inquiets à mon sujet. Je suis très bien sinon. Je suis vraiment très bien. Je n'ai juste pas faim.
     
    Jour 35 :
     
    Les garçons et le management ne m'ont pas quitté des yeux depuis les dernières vingt-quatre heures, en s'assurant que je mange tout ce qui est dans mon assiette et que je le garde. Cela me fait mal à l'estomac et je ne sais pas combien de temps je pourrai encore endurer la torture de manger de la nourriture. Tout à un goût assez doux et même si mon estomac gronde pour en avoir plus, je ne peux pas supporter plus d'une bouchée.
     
    Jour 36 :
     
    Je ne suis plus autorisé à quitter mon appartement jusqu''à ce que je prenne plus de poids maintenant. Le management ne veut pas que la presse obtienne une photo de mon corps nouvellement mince, et créer des rumeurs que nous savons toutes vraies. Je ne me supporte pas et je pense que c'est devenu assez évident maintenant.
     
    Les garçons continuent de s'excuser, disant qu'ils auraient du faire plus attention à mon état dès le premier mois et qu'ils auraient dû être là pour moi quand j'en avais besoin. Je leur ai dis que je comprenais malgré tout, parce qu'ils ont dû avoir de la peine aussi.
    Je n'ai pas besoin de baby-sitters. Mais ça ressemble au fait que je suis coincé avec eux à partir de maintenant.
     
    Jour 37 :
     
    L'envie de soulager ma douleur est plus forte que jamais maintenant. La secousse involontaire dans ma main pour frapper dans quelque chose en verre est presque constante. Mais c'est impossible de céder à l'envie quand vous avez trois paires d'yeux qui vous regardent tout le temps. Les garçons n'ont pas quitté mon appartement pendant deux jours et j'ai le sentiment qu'ils ne vont pas le quitter de sitôt.
     
    Jour 38 :
     
    Les garçons me forcent à retourner à la thérapie, car ils ont découvert que j'ai sauté des séances et ignoré les appels de Sarah. Ils disent que c'est la meilleure chose pour moi, et que j'ai besoin d'aide. Donc je suis ici, j'écris ceci dans le bureau trop encombré, avec Sarah me regardant fixement. Je peux sentir ses yeux me sonder et j'ai presque peur de lever mon regard vers elle.
     
    Elle m'a grondé pendant une heure, et quand elle s'est finalement arrêtée, elle m'a dit d'écrire, depuis je refuse de m'arrêter. Elle pense qu'écrire tout ça est mauvais pour ma santé, parce que si je te parle alors que tu n'es pas vraiment là, il n'y a aucun avancement dans la guérison, dit-elle. Mais je ne veux pas te laisser derrière moi. Je ne peux pas faire ça. Je t'aime et je t'aimerai toujours. Personne ne comprend.
     
    Jour 39 et Jour 40 :
     
    Sarah a pris mon journal hier soir, donc je n'avais pas la possibilité d'écrire les événements de la journée avant qu'elle ne me rende en mains propres. Mais hier était un jour assez calme. J'ai passé ma journée avec Zayn et Niall, tandis que Liam est allé rendre visite à Danielle. Nous trois avons été un peu refroidi et avons décidé de passer toute la journée sans prononcer un seul mot. Ils ont suggéré d'aller au parc, mais sauf quand je suis obligé d'aller à la thérapie, je ne pense pas que je puisse quitter la maison encore.
     
    Aujourd'hui Niall a trouvé mon journal, et quand il m'a demandé ce que c'était, je le lui ai simplement arraché des mains et crié de le laisser tel quel. Je sais que j'aurais dû être plus doux... nous sommes tous encore dans un état très fragile. J'aurais dû me douter que j'étais allé trop loin quand il a quitté l'appartement en larmes et Zayn est arrivé quelques minutes plus tard, seulement pour m'engueuler sur mon comportement.
     
    « Tu as besoin de grandir Lou, et passer à autre chose. Nous sommes tous déchirés face à ce sujet, mais tu n'as pas à passer ta douleur ou ta frustration sur le dos de tout le monde ! Tu as besoin d'aide, Lou, et nous essayons juste de t'aider. Mais tu ne nous laisses pas faire. » Après ça, je lui ai claqué la porte au nez, parce que j'étais encore en train de l'écouter me faire la leçon sur la façon de vivre ma vie.
     
    Je tournerai la page quand je me sentirai prêt.
     
    Jour 41 :
     
    Zayn ne me parle plus, encore une fois et je commence à perdre l'intérêt d'être amis avec n'importe qui. Les gens ne souhaitent que nous faire du mal, comme je t'ai blessé.
     
    Jour 42 et Jour 43 :
     
    Je me suis réveillé avec un mal de tête hier matin et je me suis rendu compte que j'étais trop bourré et que je ne me souviens d'aucune chose que j'ai faite. Quand j'ai quitté ma chambre, j'ai trouvé Liam lisant le journal en silence sur le canapé. Quand il a vu que j'étais réveillé, il a levé les yeux vers moi et m'a souri gentiment, tapotant l'endroit à côté de lui en me faisant signe de venir. Je suis resté où je me trouvais et il poussa un profond soupir avant de me demander « Comment te sens-tu ? »
     
    Je ne sais pas si c'était la gueule de bois qui parlait pour moi, ou si je l'avais tout simplement oublié. Mais comme je l'ai dis, tout paraissait toujours tellement irréel pour moi. Mais je regrette ce que j'ai répondu. « Où est Harry ? »
    Les larmes ont commencé à couler à flots à travers les yeux de Liam. J'allais lui demander ce qui n'allait pas, quand ça m'a soudainement frappé. Tu étais parti. Je sais que je l'ai dit beaucoup de fois avant, mais je ne l'avais jamais vraiment cru jusqu'à maintenant. Tu t'en étais réellement allé.
     
    Je me suis senti tomber au sol, tout contrôle de mon corps avait disparu avant que je m'évanouisse complètement. Maintenant je suis ici, assis dans un lit d'hôpital avec des fils attachés à l'intérieur de moi, pompant des produits chimiques dans mon sang comme si j'avais réellement besoin d'eux. Ce n'est pas comme si j'étais malade ou quoi que ce soit, mais tout le monde  me regarde comme si je l'étais et qu'à tout moment je pouvais m'effondrer.
     
    Jour 44 :
     
    J'ai vu ma mère aujourd'hui, pour la première fois depuis un certain temps. Je ne l'avais pas contacté depuis l'enterrement et elle avait été très inquiète à mon sujet. Je me suis réveillé près d'elle, à pleurer. Elle avait sa main devant sa bouche, comme elle venait de découvrir ma santé fragile et mon corps s'amincissant. Je lui ai dis de ne pas pleurer et que j'étais très bien, ce qui l'a juste fait pleurer plus fort. Les médecins l'ont poussé hors de la salle avant qu'elle n'eût pu répondre que j'avais besoin de me reposer.
     
    Non. J'ai juste besoin de toi à nouveau près de moi.
     
    Jour 45 :
     
    J'ai fait un rêve aujourd'hui où j'ai vu ton visage. Mon dieu, Harry, je commence à oublier à quoi tu ressembles. Bien sûr, je peux regarder des photos, mais les images ne bougent pas, ne rient pas et ne brillent pas. Ce sont simplement des souvenirs capturés. Mais mes souvenirs commencent à s'estomper eux aussi. C'est peut être dut aux produits chimiques qui coulent à travers mes veines à partir des différents fils qui me relient aux machines, mais les souvenirs commencent tout juste à s'estomper.
     
    Je ne peux définitivement pas perdre les derniers fragments de mémoire qu'il me reste de toi. Quand je me suis réveillé, j'ai trouvé Zayn assis à côté de mon lit, les larmes tombant sur ses joues, ses lèvres remuant comme si il me parlait doucement. Il n'avait même pas réalisé que je m'étais réveillé et il continuait de parler. Je ne pouvais pas l'entendre, mais ça n'avait pas d'importance.
     
    Jour 46 :
     
    J'essaie de garder mon calme, j'essaye vraiment. Cet hôpital me rend dingue, en plus du fait qu'ils ne me laisseront pas sortir. Je continue d'insister sur le fait que je vais mieux, mais ils me répondent que je suis encore en insuffisance pondérale et en plus de tout, trop stressé. Être enfermé dans cette chambre me stresse, je n'avais jamais été aussi stressé qu'en ce moment. Je m'ennuie. Veux-tu bien chanter pour moi s'il te plaît ?
     
    Jour 47 :
     
    Le management a suggéré que je prenne une longue pause d'un mois, et que je passe ce temps-là avec ma famille pour plus de guérison. Mais ce qu'ils ne comprennent pas, c'est que ces blessures ne guériront jamais. Ce n'est pas que je ne veux pas voir ma famille, ils me manquent comme des fous. Mais si je pars, qui va prendre soin de notre maison ? Je ne peux pas quitter notre appartement Haz, je ne peux pas. Je ne peux pas les laisser y toucher. Je crains que si je pars, ils retirent tout ce qui reste de toi et qu'alors quand je rentre, il ne  me reste plus rien de toi qui m'appartienne encore.
     
    Jour 48 :
     
    J'ai dus accepter d'y aller à contrecœur, après une heure de sanglots de ma mère, disant combien je lui avais manqué et combien elle me voulait à la maison à nouveau avec elle. Ils pensent tous que c'est la meilleure chose pour moi, de m'évader de toi pour un moment.
     
    C'est donc là où je me trouve, écrivant cette journée en étant assis à côté d'une valise vide. Peut-être que j'aurais dus apporter ton bonnet préféré avec moi, afin que je puisse m'endormir avec toi dans mes bras ou, au moins quelque chose qui me rappelle ta présence. J'espère que ça ne te dérange pas si je te l'emprunte.
     
    Jour 49 :
     
    La gare est bondée et le bruit continue de cogner dans mes oreilles. Les gens continuent de me pousser alors que Paul me guide à travers la masse de personnes, pendant qu'il essaie de me garder hors de vue des fans à tout moment. Je remercie Paul pour cela, parce que je ne veux pas que les fans me voient comme ça. Je porte ton vieux bonnet, avec tes vieilles chaussettes pleines de sueur que tu utilisais pour valser dans l'appartement tous les matins. J'ai de la place dans ce large sweat-shirt qui engloutit le haut de mon corps, mais je me fiche de ce à quoi je ressemble.
     
    Je pars de l'appartement - notre appartement. Notre appartement où nous avions tant de bons souvenirs, ceux que je commence à oublier de jour en jour sans toi ici avec moi. Nous aurions pu en avoir d'autres, si tu étais resté plus longtemps.
    Et je monte dans le train, faisant mes derniers adieux à la ville que j'ai appris à aimer, une seule larme glisse de mon œil. 
     

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